Un vélo électrique qui se transforme en musculaire en 2 secondes, un dérailleur automatique piloté par IA, des mises à jour à n’en plus finir, GPS intégré, antivol connecté… Le Lemmo One Collab Ride 2026 promet beaucoup. On l’a testé pour savoir si c’est le vélo du futur ou un gros gadget aux promesses de télé-achat.
Points positifs
- Ultra léger : 18 kg batterie comprise Moteur débrayable unique sur le marché, sensation de vélo musculaire réelle
- Capteur de couple, assistance très naturelle et réactive
- Dérailleur automatique Wheeltop 10 vitesses prometteur
- Sécurité connectée complète : GPS, alarme, blocage moteur
- Mises à jour régulières, le vélo évolue dans le temps
Points négatifs
- Dérailleur automatique encore imparfait, quelques ratés sur le plat
- Freins hydrauliques sans marque connue, mordant insuffisant
- Autonomie réelle de 60 à 65 km, loin des 100 km annoncés
- Téléphone indispensable pour utiliser le vélo
- Prix élevé : à partir de 2 590 €
Premier contact : un vélo qui ne ressemble à rien d’autre
Le Lemmo One Collab Ride, c’est le même ADN visuel que le modèle précédent. Cadre monobloc sans soudure visible, pas un câble apparent, un porte-téléphone intégré au guidon, un design primé Red Dot. C’est épuré, minimaliste, et ça se distingue immédiatement de n’importe quel autre vélo électrique du marché.


Mais ce qui saute aux yeux avant même de pédaler, c’est le poids. 15 kg pour le vélo, 3 kg pour la batterie… 18 kg au total et c’est tout ! C’est dans le peloton de tête des vélos électriques les plus légers disponibles aujourd’hui, et ça change vraiment l’expérience de conduite dès les premières secondes.
Le concept qui rend ce vélo unique : le mode musculaire
C’est la signature Lemmo, et elle est toujours là sur cette version. Une petite manette sur le cadre permet de débrayer le moteur en deux secondes. Résultat : plus aucune résistance, le vélo se comporte exactement comme un vélo classique. Pas d’effet de frein moteur, pas de sensation de traîner un poids mort. On pédale, et c’est fluide.

Sur le sentier comme sur la route, ce mode fonctionne vraiment. Le vélo est assez léger pour que 18 kg ne soient pas un handicap rédhibitoire en mode musculaire. C’est un concept que personne d’autre ne propose à ce jour sur le marché des vélos électriques, et je dois dire que c’est une vraie réussite.
La grosse nouveauté : le dérailleur automatique et l’IA
C’est la grande évolution de ce Collab Ride par rapport au modèle précédent. Un dérailleur électronique Wheeltop EDS 10 vitesses, piloté par intelligence artificielle. Le système analyse en temps réel la cadence, la vitesse, le couple, l’inclinaison et les habitudes du cycliste pour choisir automatiquement le bon rapport. En théorie, on n’a plus rien à faire.

En pratique, après une semaine et plusieurs sorties, le bilan est plus nuancé. En montée, ça marche très bien. Le dérailleur descend les vitesses au bon moment, l’adaptation est rapide et logique. En descente, même constat. C’est sur le plat que le système montre encore ses limites : des sauts de vitesse intempestifs, des moments où le rapport choisi ne correspond pas vraiment à la situation. Ce n’est pas bloquant, mais c’est frustrant !
La bonne nouvelle, c’est que le vélo est connecté et reçoit des mises à jour régulières. En une semaine, 6 ou 7 mises à jour ont déjà été déployées. Le système s’améliore clairement dans le temps, et on sent qu’une équipe travaille activement derrière. Ce vélo, c’est aussi un peu un logiciel avec tout ce que ça comporte de positif sur l’expérience qui ne peut que s’améliorer.
Le moteur et l’assistance : la vraie réussite du vélo
52 Nm de couple sur cette version, contre 40 Nm sur l’ancien modèle. C’est la différence qui change tout. En montée, le vélo grimpe franchement bien, même en repartant de l’arrêt. En niveau 3, on atteint facilement 27 km/h en côte. Pour un vélo de 18 kg avec un moteur dans la roue arrière, c’est une belle performance.

Le capteur est un capteur de couple. L’assistance est donc totalement transparente et naturelle : le moteur sent l’effort fourni et s’adapte en conséquence. On oublie vraiment qu’il y a un moteur. C’est le genre d’expérience qu’on a sur des vélos à 4 000 ou 5 000 euros, et c’est l’un des points les plus réussis de ce Lemmo.
Le moteur est dans la roue arrière. Sur un autre vélo, ça se ressentirait en sensation de poussée peu naturelle. Ici, combiné au poids contenu du vélo et au capteur de couple, ça passe vraiment bien et j’ai été vraiment agréablement surpris en roulant.
Le confort et le comportement
Le vélo a un petit esprit gravel. Il n’est pas fait que pour le bitume lisse. La tige de selle suspendue absorbe une partie des vibrations, et une version avec fourche suspendue Rock Shox est disponible pour ceux qui veulent aller plus loin sur les chemins. Sur sentier, ça passe, à condition de ne pas s’aventurer sur des singles techniques bien sûr.
En ville, le vélo est vif, agile, facile à manœuvrer. Le guidon réagit bien, le comportement est sain. Au-dessus de 25 km/h, ce qui arrive facilement avec ce vélo vu son poids et l’énergie qu’on peut mettre dans les pédales, les freins montrent leurs limites.

Les freins : le point faible
Freins à disque hydrauliques 4 pistons, disques de 160 mm. C’est la bonne technologie, mais la marque est inconnue et le mordant n’est pas tout à fait au niveau.

Sur un vélo qui encourage à rouler vite et léger, c’est un peu frustrant. Il faut anticiper les freinages un peu plus qu’on ne le ferait avec du Shimano ou du Magura. Ce n’est pas dangereux, mais c’est dommage sur un vélo à ce niveau de prix (2590€).
La sécurité connectée
C’est un point fort réel. L’alarme se déclenche au moindre mouvement suspect, le moteur se bloque mécaniquement à l’arrière, la batterie ne peut pas être retirée sans déverrouiller.
Le GPS est intégré dans le cadre et dans la batterie séparément, avec une notification sur le téléphone si le vélo bouge. C’est une base de sécurité sérieuse, même si elle ne remplace pas un bon antivol physique.

La contrepartie : le téléphone est indispensable pour déverrouiller et utiliser le vélo au quotidien. C’est à prendre en compte si tu n’es pas du genre à toujours avoir ton téléphone sur toi ou chargé.

L’autonomie
La batterie SmartPac fait 3 kg et peut aussi servir de batterie externe pour charger un téléphone ou un ordinateur. Plutôt sympa quand on part en balade toute la journée avec le projet de s’arrêter travailler dans un café ou un parc.

Côté autonomie, la marque annonce 100 km. En conditions réelles et usage mixte, j’ai réussi à atteindre 60 à 65 km. C’est correct pour un vélo de ce gabarit et de ce poids, mais assez loin des promesses constructeur.
À qui s’adresse ce vélo ?
Le Lemmo One Collab Ride s’adresse à toi si qui cherche un vélo léger, technologique, polyvalent entre ville et chemins, et qui est à l’aise avec l’idée d’un produit connecté qui évolue dans le temps (un peu comme Tesla). C’est aussi clairement un vélo pour quelqu’un qui aime rouler, pas juste se faire transporter. Le mode musculaire n’est pas un gadget : c’est une vraie proposition de valeur pour les cyclistes qui veulent garder le plaisir du pédalage.
Si tu cherches un vélo simple, robuste, sans connectivité ni mise à jour, il faudra regarder ailleurs. Et si ton budget est plus serré, le Lemmo Mk2 reste disponible à 1 999 euros avec une proposition plus classique.
Conclusion
Le Lemmo One Collab Ride 2026, c’est le vélo du futur. Mais un futur qui n’est pas tout à fait terminé. L’assistance est excellente, le poids remarquable, le concept du mode musculaire unique.
Le dérailleur automatique est prometteur mais pas encore parfait, les freins sont insuffisants pour le niveau général du vélo, et l’autonomie réelle déçoit un peu. Ce qui rassure, c’est que le vélo évolue en permanence via des mises à jour. Dans six mois, ce test sera peut-être à réécrire. Et c’est peut-être ça, la vraie innovation.

