Le Riese & Müller Charger, c’est un peu le vélo électrique que tout le monde a fini par copier. Le gros cadre parfaitement intégré, la batterie cachée, les pneus larges, la position confortable, l’équipement prêt à partir en randonnée… Cette recette, Riese & Müller la maîtrise depuis des années. Mais en 2026, la concurrence a bien progressé.
Notre avis sur le Riese & Müller Charger5
14 jours d'essai, 1 an de garantie
Stock limité : Charger, Nevo, Roadster, Swing...
Réductions : jusqu'à 60% du prix neuf
Points positifs
- Excellent équilibre confort / stabilité / dynamisme
- Moteur Bosch Performance Line PX
- Transmission Enviolo fluide (même en côte ou à l’arrêt !)
- Finition premium et équipement complet de série
- Très à l’aise sur route comme sur les chemins dégradés
Points négatifs
- Poids proche de 30 kg
- Batterie de 600 Wh, juste à ce niveau de prix
- Écran Bosch Purion basique
Un vélo premium qui ne cherche pas à impressionner




Alors avec cette cinquième génération, une question se pose : le Charger est-il toujours la référence ou vit-il surtout sur sa réputation ?
Nous avons testé le Charger5 Vario CORE, la nouvelle porte d’entrée de la gamme à 4999€. Enfin, « porte d’entrée » façon Riese & Müller : moteur Bosch PX de 90 Nm, transmission Enviolo, courroie carbone, freins Magura, suspension de 100 mm et GPS intégré.
Un vélo accessible, donc. Mais uniquement dans l’univers parallèle des vélos électriques allemands à 5000€ 😀.
14 jours d'essai, 1 an de garantie
Stock limité : Charger, Nevo, Roadster, Swing...
Réductions : jusqu'à 60% du prix neuf
Il ne fait rien pour cacher son poids
Le Charger5 est gros. Large. Massif. Avec ses pneus de 62 mm, son énorme tube diagonal et son cadre diamant, il donne davantage l’impression d’être un VTT semi-rigide de randonnée qu’un paisible vélo de ville.
La finition est impeccable. Les soudures sont presque invisibles, les câbles ont disparu dans le cadre et même le cache de batterie est peint dans la couleur du vélo. On sent immédiatement que l’argent n’est pas seulement parti dans le logo inscrit sur le tube. En revanche, dès qu’on essaie de le soulever, le message est clair : ce vélo est fait pour rouler, pas pour monter au troisième étage.
Son poids tourne autour des 30 kg selon l’équipement exact. C’est lourd, mais il faut aussi regarder tout ce qu’il embarque : fourche suspendue, moyeu Enviolo, courroie, porte-bagages, antivol, GPS, éclairage, garde-boue et pneus dignes d’un petit tracteur.
Le Charger5 est lourd parce qu’il veut tout faire. Reste à savoir s’il le fait bien.
Dès les premiers mètres, il se passe quelque chose


La réponse arrive assez vite. Dès le premier démarrage, le Bosch Performance Line PX pousse fort. Pas de manière brutale ou incontrôlable : il donne simplement l’impression que ce gros vélo de 30 kg a soudainement perdu la moitié de son poids.
Avec ses 90 Nm de couple, le PX se place entre le très sage Performance Line et le plus sportif CX. Et sur ce vélo, c’est probablement le meilleur compromis. Il y a suffisamment de puissance pour repartir franchement, grimper avec une charge ou accélérer en sortie de virage. Mais l’assistance reste naturelle. Quand on pédale doucement, le moteur se fait discret. Quand on appuie, il répond immédiatement.
Le Charger5 ne donne pas l’impression de partir tout seul. Il donne plutôt l’impression que nous avons soudainement beaucoup plus de jambes que prévu, et c’est assez addictif.
L’Enviolo, ou l’art de ne plus choisir ses vitesses


La transmission Enviolo participe beaucoup à cette sensation. Ici, pas de première, de cinquième ou de dixième vitesse. On tourne simplement la poignée pour rendre le pédalage plus facile ou plus difficile.
C’est fluide, silencieux et presque déconcertant au début. Il n’y a aucun clic, aucun saut entre deux rapports, aucune petite hésitation de la chaîne.
Dans une montée, il suffit de tourner progressivement la poignée pour conserver la bonne cadence. À un feu rouge, on peut remettre un développement facile alors que le vélo est déjà arrêté.
Sur le papier, ce n’est peut-être pas la transmission la plus sportive ou la plus légère. Sur un vélo utilisé tous les jours, c’est difficile de faire plus agréable. Ajoutez à cela une courroie Gates qui ne graisse pas le pantalon et demande très peu d’entretien, et vous obtenez un vélo particulièrement facile à vivre.
Un canapé qui sait prendre les virages
Le plus surprenant avec le Charger5 n’est toutefois pas son moteur, c’est son comportement.
Avec une fourche de 100 mm, une tige de selle suspendue et d’énormes pneus, on pourrait s’attendre à un vélo extrêmement confortable, mais un peu mou et pataud.
Il est effectivement très confortable. Les raccords, les pavés et les pistes cyclables abîmées passent presque au second plan. Mais le cadre diamant apporte une rigidité que l’on retrouve rarement sur les VTC électriques à cadre ouvert.
Le vélo va droit, ne louvoie pas et reste parfaitement stable lorsqu’il prend de la vitesse. Dans les virages, le train avant est bien posé au sol et la direction reste précise. Le Charger5 ressemble à un canapé qui aurait fait un stage de pilotage 😅.
Il sait se montrer rassurant sur une longue ligne droite, mais aussi assez vif lorsqu’il faut contourner un obstacle ou enchaîner quelques courbes. Ses roues de 27,5 pouces l’aident à rester plus maniable qu’un grand vélo équipé en 29 pouces.
Sur les chemins, il est également beaucoup plus à l’aise qu’un VTC classique. La suspension et les gros pneus permettent de passer sur de la terre, des racines ou un revêtement dégradé. Ce n’est pas un VTT. Mais c’est probablement l’un des VTC électriques les moins gênés lorsque la route disparaît.
Dans les côtes, les 90 Nm font le travail
Un vélo aussi lourd pourrait devenir pénible dans les montées. Avec le moteur allumé, ce n’est clairement pas le cas. Le Bosch PX conserve une belle réserve de puissance et l’Enviolo permet de trouver exactement la bonne cadence. Le Charger5 grimpe sans donner l’impression de souffrir.
En coupant l’assistance, en revanche, la physique reprend immédiatement ses droits. 30 kg, une transmission Enviolo et des pneus de 62 mm dans une pente : ce n’est plus une balade, c’est une séance de renforcement musculaire. Il faudra donc éviter de rentrer avec une batterie complètement vide.
La batterie de 600 Wh est-elle suffisante ?
C’est probablement le principal compromis de cette version CORE. La batterie de 600 Wh n’est pas petite, pour du vélotaf, des trajets urbains ou des sorties raisonnables en mode Eco et Tour, elle fera parfaitement le travail.
Mais sur un vélo aussi lourd, avec un moteur de 90 Nm, elle ne donne pas une sensation de réserve infinie. En roulant souvent en Sport ou en Turbo, notamment dans une région vallonnée, la jauge descend logiquement plus vite.
Les autres versions du Charger5 reçoivent 800 Wh. Le CORE peut également accueillir un prolongateur Bosch PowerMore de 250 Wh, pour atteindre 850 Wh au total. Il faudra donc choisir : accepter de recharger un peu plus régulièrement ou remettre la main au portefeuille.
Sur un vélo à 4999€, nous aurions évidemment préféré disposer directement de 800 Wh. Mais pour un usage quotidien classique, les 600 Wh restent cohérents.
Un vélo réellement prêt pour le quotidien

Le Charger5 marque des points avec ses freins Magura premium mais aussi avec tous les petits équipements que l’on oublie souvent au moment de comparer les fiches techniques : le porte-bagages MIK HD peut recevoir des sacoches, un panier ou certains sièges enfant. L’éclairage est déjà installé, tout comme les garde-boue, la béquille et l’antivol de cadre.
La puce RX Chip ajoute une géolocalisation GPS, un suivi des trajets et des alertes en cas de mouvement suspect. Riese & Müller inclut également une première année de son service ConnectCare.
Sur un vélo à 5000€, savoir approximativement où il se trouve lorsqu’il disparaît n’est pas complètement inutile 👌.
L’écran Bosch Purion 200 est en revanche très basique. Il fait le travail, mais ne donne pas vraiment l’impression de piloter un vélo premium. C’est l’une des économies les plus visibles de cette version CORE.
Alors, toujours la référence ?

Sur la pure fiche technique, le Charger5 ne domine plus autant qu’autrefois. Pour le même prix, certaines marques proposent un moteur Bosch CX plus puissant ou une batterie de 750 voire 800 Wh. Si l’on compare uniquement le couple et la capacité de batterie, Riese & Müller ne gagne pas forcément.
Mais le Charger5 rappelle pourquoi une fiche technique ne raconte pas tout. Ce vélo est particulièrement cohérent. Le moteur, le cadre, la suspension, la transmission et les équipements fonctionnent ensemble. Rien ne semble avoir été ajouté uniquement pour cocher une case dans un catalogue.
Le résultat est un vélo confortable sans être mou, puissant sans être brutal et stable sans devenir ennuyeux.
Notre verdict
14 jours d'essai, 1 an de garantie
Stock limité : Charger, Nevo, Roadster, Swing...
Réductions : jusqu'à 60% du prix neuf
Le Riese & Müller Charger5 Vario CORE n’est pas léger, pas donné et pas particulièrement généreux en batterie. Mais une fois lancé, c’est 100% de kiff et le vélo est presque innarétable. Il grimpe, il freine, il filtre les mauvaises routes, il transporte des affaires et il passe sur les chemins. Surtout, il conserve un comportement dynamique que beaucoup de gros VTC électriques perdent en cherchant à devenir confortables.
À 4999€, ce n’est évidemment pas une bonne affaire au sens classique du terme. C’est en revanche probablement l’un des Riese & Müller offrant le meilleur équilibre entre prix, équipement et plaisir de conduite.
Le marché a peut-être rattrapé le Charger sur les chiffres. Mais en matière de cohérence et de sensations, l’original a encore une petite longueur d’avance.
