Transports en commun, covoiturage, vélo électrique, télétravail… Comment faciliter les trajets de vos salariés sans faire exploser le budget de l’entreprise ? Pour certaines organisations, le plan de mobilité employeur (PDME) est une obligation légale. Pour les autres, c’est l’occasion de repenser les déplacements professionnels et domicile-travail. Mais par où commencer, quelles actions privilégier et combien prévoir ? Voici comment construire un plan de mobilité concret, adapté aux besoins de vos équipes.
Le plan de mobilité employeur est-il obligatoire en 2026 ?
Un plan de mobilité employeur, ou PDME, est une démarche qui vise à améliorer les déplacements liés à l’entreprise, notamment les trajets domicile-travail, tout en réduisant leurs conséquences sur la circulation et l’environnement. Toutes les entreprises ne sont pas obligées d’en élaborer un.
L’obligation concerne notamment les entreprises soumises aux négociations obligatoires sur la qualité de vie et les conditions de travail, lorsqu’elles emploient au moins 50 salariés sur un même site, dans le périmètre réglementaire concerné, et qu’aucun accord sur les mesures de mobilité n’a été conclu.
En pratique, plusieurs critères sont à vérifier :
- La présence d’au moins 50 salariés sur un même site.
- La localisation de l’établissement, notamment dans une agglomération de plus de 100 000 habitants concernée par le dispositif.
- L’assujettissement de l’entreprise aux négociations obligatoires sur les mobilités.
- L’existence ou non d’un accord collectif portant sur ces mesures.
Attention : une entreprise de 50 salariés n’est donc pas automatiquement soumise à l’obligation dans toutes les situations.
Lorsque le plan est obligatoire, il doit intégrer les différents sites de l’entreprise et être transmis à l’autorité organisatrice de la mobilité (AOM) territorialement compétente.
Pour vérifier votre situation, consultez la fiche officielle de Service Public consacrée au plan de mobilité employeur.
Même sans obligation légale, une PME peut parfaitement lancer une démarche volontaire. Il n’est pas nécessaire d’attendre d’atteindre 50 salariés pour améliorer les déplacements des collaborateurs.
Par où commencer pour construire son plan de mobilité ?
La première erreur serait de choisir immédiatement une solution : acheter dix vélos électriques, subventionner le covoiturage ou installer des bornes de recharge, sans connaître les besoins réels. Un bon plan de mobilité commence par un diagnostic.
Comprendre comment les salariés viennent travailler
Une enquête interne permet de recueillir quelques informations essentielles : distance domicile-travail, moyen de transport habituel, contraintes horaires, possibilités de télétravail et intérêt pour d’autres solutions.
Il faut également regarder l’environnement de l’entreprise. Une zone d’activité sans piste cyclable ni transports publics ne présente pas les mêmes possibilités qu’un bureau situé au centre de Lyon.
Pour une société de 100 salariés, je chercherais notamment à savoir combien habitent à moins de 5 ou 10 kilomètres, combien disposent d’une liaison en transports publics et quels obstacles les empêchent de laisser leur voiture.
Attention à ne pas collecter inutilement des adresses personnelles précises. Des données agrégées ou des distances par tranches peuvent suffire pour cette première analyse.
Fixer des objectifs réalistes
Le plan doit ensuite répondre à quelques objectifs mesurables. Par exemple, une entreprise pourrait chercher à réduire de 15 % le nombre de trajets effectués seuls en voiture sur deux ans, à doubler le nombre de collaborateurs venant régulièrement à vélo ou à diminuer la saturation de son parking. Ces objectifs sont des exemples, pas des seuils réglementaires.
L’essentiel est de définir un point de départ, une échéance et une personne responsable du suivi. Sans cela, le plan risque de rester un document sans véritable application.
Quelles actions mettre en place pour améliorer les déplacements des salariés ?
Un plan de mobilité ne doit pas nécessairement se limiter au vélo électrique. Il peut combiner plusieurs mesures selon les contraintes du site et les habitudes des salariés.
1. Faciliter les transports en commun et le covoiturage
Une entreprise peut commencer par mieux communiquer sur les abonnements de transport public, adapter certains horaires de travail ou organiser des solutions de covoiturage entre salariés.
Elle peut aussi étudier l’autopartage pour certains déplacements professionnels afin d’éviter que chaque salarié utilise systématiquement sa voiture personnelle.
Ces mesures sont particulièrement pertinentes pour les collaborateurs habitant loin du site ou dans des zones peu adaptées au vélo.
2. Encourager les déplacements à vélo ❤️
C’est évidemment le domaine qui nous intéresse particulièrement chez Les Velos Electriques.
Mais proposer un vélo ne suffit pas : si le salarié ne peut pas le stationner en sécurité ou ne dispose d’aucune solution d’entretien, il risque rapidement d’abandonner.
Selon les besoins, plusieurs possibilités existent :
- Le forfait mobilités durables (FMD), qui permet à l’employeur de participer financièrement aux trajets domicile-travail effectués avec certains transports éligibles. Dans le privé, ce forfait est facultatif et bénéficie d’un plafond annuel d’exonération de 600 € lorsqu’il est utilisé seul, sous conditions. Découvrez notre guide du forfait mobilités durables.
- Le vélo de fonction, pour permettre aux salariés de disposer d’un vélo électrique avec une participation de l’entreprise. Des spécialistes comme Zenride, Tandem ou Azfalte accompagnent les employeurs dans sa mise en place. Nous comparons les formules dans notre guide du vélo de fonction.
- Les vélos partagés, utiles pour effectuer des déplacements professionnels entre plusieurs sites ou chez des clients. La location de vélos électriques en entreprise peut intégrer des services d’entretien et de gestion selon les contrats.
- Les opérations d’essai, pour permettre aux salariés de tester un VAE sur leur véritable trajet domicile-travail avant de prendre une décision.
Le CSE peut également contribuer à cette démarche, par exemple en négociant des réductions ou en organisant des essais.
L’objectif n’est pas de proposer toutes ces solutions simultanément, mais de choisir celles qui répondent au diagnostic initial.
3. Adapter l’organisation du travail
Le télétravail, les horaires flexibles et les réunions à distance peuvent également réduire les déplacements contraints. Pour certains sites, décaler légèrement les horaires d’arrivée peut faciliter l’accès aux transports collectifs ou rendre le covoiturage plus simple.
Le plan de mobilité peut aussi traiter les déplacements professionnels, les visites chez les clients et, lorsqu’elles sont pertinentes, les livraisons de marchandises.
Pour découvrir les possibilités d’équipement au-delà des trajets domicile-travail, consultez notre guide du vélo électrique en entreprise.
Combien coûte un plan de mobilité employeur ?
Il n’existe pas de budget standard : une entreprise qui souhaite uniquement organiser le covoiturage n’aura pas les mêmes dépenses qu’une société qui finance des vélos électriques pour ses collaborateurs.
Le coût dépend surtout des mesures choisies et du nombre de salariés qui les utilisent réellement.
Prenons une entreprise de 100 salariés qui décide de lancer un programme vélo pendant un an. Elle prévoit un forfait mobilités durables de 300 € pour 20 bénéficiaires, soit 6 000 €. Elle réserve également 2 000 € à une opération d’essai et à la communication interne, puis 4 000 € à l’amélioration du stationnement vélo.
Son budget prévisionnel atteint donc 12 000 € la première année, soit 120 € par salarié dans l’effectif total.
Il s’agit d’une simulation, et non d’un tarif moyen constaté. Le montant du FMD dépend de la politique de l’entreprise, tandis que les coûts des équipements et des prestations varient selon les fournisseurs. Les dépenses d’infrastructure peuvent aussi être ponctuelles, contrairement aux aides annuelles.
Autre point : cet exemple ne comprend ni un éventuel diagnostic réalisé par un cabinet externe, ni la gestion du projet en interne.
Pour une entreprise qui envisage des vélos de fonction, il faudra également tenir compte des mensualités, de la participation des salariés, de la durée d’engagement et des services inclus.
Mon conseil : comparez les coûts sur trois ans plutôt que sur la seule première année. Un investissement initial dans le stationnement peut bénéficier durablement aux salariés, alors qu’une aide financière constitue une dépense récurrente.
Comment déployer le plan sans mobiliser toute l’entreprise d’un coup ?
Une fois le diagnostic réalisé, je privilégierais un déploiement progressif, notamment dans les entreprises qui disposent de plusieurs établissements.
Les trois premiers mois : préparer et tester
Désignez un responsable du projet, réalisez l’enquête auprès des salariés et identifiez deux ou trois mesures prioritaires.
Une journée d’essai de vélos électriques, une campagne de covoiturage ou l’amélioration du stationnement peuvent constituer un premier test. L’intérêt est d’obtenir des retours avant de signer des contrats plus importants.
De trois à six mois : lancer les premières mesures
Après les premiers essais, l’entreprise peut choisir ses prestataires et formaliser les avantages proposés aux salariés.
C’est aussi le moment de préciser les conditions d’éligibilité, les règles internes et les modalités de financement des différentes solutions.
Pour les dispositifs collectifs, l’implication des représentants du personnel et des équipes RH facilite généralement l’adoption.
Après six à douze mois : mesurer et ajuster
Si dix salariés utilisent régulièrement des vélos de fonction mais que vingt autres souhaitent simplement disposer d’un stationnement sécurisé, le budget suivant ne devrait pas nécessairement être consacré à davantage de locations. À l’inverse, un dispositif très demandé peut justifier un déploiement sur d’autres sites.
Ces échéances sont des repères d’organisation, pas des délais imposés par la réglementation.
Comment mesurer l’efficacité d’une politique de mobilité ?
Le nombre de salariés inscrits à un programme ne suffit pas pour déterminer si celui-ci fonctionne. Je suivrais plutôt quelques indicateurs simples : la répartition des moyens de transport domicile-travail, l’utilisation réelle des dispositifs, leur coût et la satisfaction des collaborateurs.
Par exemple, une entreprise qui compte 15 bénéficiaires du FMD ne sait pas encore si ces salariés auraient pris leur vélo sans cette aide. Elle doit également regarder l’évolution des habitudes avant et après la mise en place du programme.
Pour les vélos partagés, les kilomètres ou le nombre de réservations peuvent apporter des informations. Pour les vélos de fonction, le taux d’adoption et la satisfaction des utilisateurs sont utiles.
Enfin, il peut être pertinent de suivre l’occupation du parking automobile, les besoins de stationnement vélo et la fréquence des trajets professionnels en voiture.
Le but n’est pas de créer un tableau de bord compliqué, mais de disposer de quelques données suffisamment fiables pour décider des mesures à maintenir ou à modifier.
Qui peut accompagner une entreprise dans son plan de mobilité ?
Une entreprise peut réaliser elle-même une grande partie du diagnostic et du suivi, particulièrement lorsqu’elle possède un seul site et des besoins simples. Pour des projets plus importants, plusieurs intervenants peuvent être utiles.
L’ADEME propose des ressources méthodologiques pour élaborer un plan de mobilité employeur. L’autorité organisatrice de la mobilité de votre territoire peut également orienter les entreprises vers les services et accompagnements existants.
Les cabinets spécialisés peuvent aider à réaliser un diagnostic, organiser la concertation et construire un programme d’actions.
Enfin, les prestataires opérationnels interviennent sur des besoins plus précis. Zenride, Tandem, Azfalte et d’autres acteurs de la mobilité vélo peuvent notamment accompagner la mise en place de vélos de fonction, de services associés ou de programmes d’essai, selon leurs offres.
Il faut toutefois distinguer ces prestations de l’élaboration complète d’un PDME : un fournisseur de vélos ne prend pas nécessairement en charge le diagnostic des déplacements, les obligations réglementaires ou l’ensemble des solutions de mobilité.
Pour identifier les différentes offres dédiées au vélo, notre dossier sur les solutions de vélo électrique en entreprise permet de comparer les possibilités avant de solliciter des devis.
FAQ sur le plan de mobilité employeur
Oui. Même lorsqu’elle n’est pas soumise à l’obligation d’élaborer un plan de mobilité employeur, une PME peut lancer une démarche volontaire pour améliorer les trajets de ses salariés.
Non. Les mesures doivent être adaptées aux déplacements réels. Un PDME peut combiner transports publics, covoiturage, marche, vélo, télétravail et organisation des horaires.
Lorsqu’un PDME est établi dans le cadre prévu par le Code des transports, il doit être transmis à l’autorité organisatrice de la mobilité territorialement compétente. Les modalités pratiques peuvent être vérifiées auprès de cette autorité.
La durée dépend de la taille de l’entreprise, du nombre de sites et de la complexité des déplacements. Un premier diagnostic peut être relativement rapide, mais la concertation, le choix des mesures et leur déploiement nécessitent davantage de temps.
Oui. Des entreprises situées sur un même site peuvent élaborer un plan de mobilité employeur interentreprises. Cette démarche peut notamment être intéressante dans une zone d’activité où plusieurs employeurs rencontrent les mêmes problèmes de transport.
Un plan de mobilité utile commence par les besoins des salariés
Un plan de mobilité employeur ne devrait pas être une simple formalité réglementaire ni un catalogue d’avantages à proposer aux collaborateurs.
Sa réussite dépend surtout de la qualité du diagnostic, de la pertinence des solutions choisies et de leur adoption réelle.
Pour une entreprise, cela peut commencer modestement : quelques places de stationnement vélo, une expérimentation de covoiturage ou un programme d’essai de vélos électriques. D’autres auront besoin d’une démarche plus complète, impliquant les RH, la direction, les représentants du personnel et des prestataires spécialisés.
Et dans votre entreprise ? Avez-vous déjà mis en place un plan de mobilité, des vélos de fonction ou un forfait mobilités durables ? Quels dispositifs ont réellement convaincu vos salariés ? Partagez votre expérience en commentaire.
